Achats durables : définition et guide pour démarrer
Explique ce que sont les achats durables, le cadre normatif et une feuille de route opérationnelle pour PME, collectivité ou grande entreprise.
Par La rédaction Mis à jour le 11 septembre 2026 9 min de lecture
Les achats durables intègrent les dimensions environnementale, sociale et économique dans les décisions d’achat. Cette page explique ce que recouvrent les achats durables, situe le cadre normatif et réglementaire, et propose une feuille de route opérationnelle pour lancer une démarche dans une PME, une collectivité ou une grande entreprise.
Pourquoi parler d’achats durables
Les achats représentent un levier direct sur les impacts d’une organisation. Ils influencent les émissions liées aux produits, les conditions de travail chez les fournisseurs et la performance économique sur le cycle de vie. Les politiques publiques renforcent désormais les exigences pour la commande publique, ce qui augmente la pression réglementaire pour les acteurs soumis à ces règles.
Pour un responsable achats d’une PME ou d’une collectivité, aborder les achats durables sert à réduire les risques fournisseurs, à répondre aux obligations de la commande publique et à structurer une démarche cohérente avec la stratégie globale. La démarche se construit par étapes et s’appuie sur des ressources publiques et normatives.
Cette page s’appuie sur le portail officiel Achats durables, la norme ISO 20400 et les guides ministériels. Les propositions suivantes restent pratiques et actionnables, sans promesse de résultat ni chiffrage prédéfini.
Qu’est‑ce que les achats durables ?
Les achats durables, parfois appelés achats responsables, consistent à intégrer les dimensions environnementale, sociale et économique du développement durable dans les décisions d’achat. Cette définition provient du portail officiel dédié aux achats durables.
La norme ISO 20400 (2017) fournit des lignes directrices pour intégrer la durabilité dans les processus d’achat. Elle définit des principes tels que la redevabilité, la transparence, le respect des droits de l’homme et l’éthique, et insiste sur la prise en compte du cycle de vie des biens et services.
ISO 20400 est une norme de lignes directrices : elle aide à structurer une approche mais n’est pas un système de management certifiable. Elle s’adresse à toute organisation, quelle que soit sa taille ou son secteur, pour orienter la prise en compte des enjeux durables dans les achats.
Ce que la norme apporte au quotidien
La norme propose un cadre conceptuel et des principes à appliquer à chaque étape du processus d’achat. Elle oriente sur la manière de définir des critères, de dialoguer avec les fournisseurs et d’intégrer des considérations cycle de vie. Elle ne fournit pas de modèle unique : l’adaptation au contexte de l’organisation est centrale.
Des organismes de normalisation et des centres de formation proposent des ressources pour comprendre et déployer ISO 20400, y compris des supports pratiques et des formations ciblées.
Ce que contient une politique d’achats durables
Une politique d’achats durables combine des éléments organisationnels et des critères opérationnels. Côté organisation, elle définit une gouvernance, un référent ou une équipe pilote, et des rôles clairs pour les acheteurs et les décideurs.
La cartographie des familles d’achats est un outil central : elle recense les dépenses par famille et identifie les familles prioritaires en fonction de l’impact et du risque. Sur cette base, on définit des actions et des priorités adaptées au contexte.
Les critères exploitables couvrent des dimensions environnementales (ex. durabilité du produit, impacts cycle de vie), sociales (conditions de travail chez le fournisseur, respect des droits de l’homme) et économiques (coût total de possession, fiabilité des approvisionnements). Le choix et la granularité des critères dépendent du secteur et de la taille de l’organisation.
- Organisation interne : référent achats responsables, gouvernance, responsabilités partagées.
- Cartographie : recensement des familles d’achats, priorisation par impact/risque.
- Critères : environnementaux, sociaux et économiques adaptés au contexte.
- Gestion du risque fournisseur : due diligence et suivi continu.
Les guides ministériels et les ressources AFNOR fournissent des cadres et des outils pour formaliser ces éléments. Ils servent de référence pour construire des documents internes et des grilles d’évaluation.
Feuille de route pas‑à‑pas pour démarrer (projet « premier pas »)
La démarche suivante est conçue pour une première mise en œuvre pragmatique. Elle s’appuie sur les préconisations et outils disponibles sur le portail officiel et dans les guides ministériels.
Étape 1 — Sensibiliser et désigner un référent : identifier un responsable ou un binôme chargé du pilotage, et proposer une formation de base aux acteurs clés. La sensibilisation facilite l’adhésion interne et prépare la mise en œuvre.
Étape 2 — Cartographier les achats et prioriser les familles : recenser les dépenses par famille d’achat, identifier les familles à fort impact ou à risque et définir un ordre de priorité. Des guides publics proposent des méthodologies et des grilles d’analyse pour cette cartographie.
Étape 3 — Définir des critères et une grille d’évaluation interne : élaborer une liste de critères environnementaux, sociaux et économiques adaptés. Structurer la grille en s’appuyant sur les principes de la norme ISO 20400 pour assurer cohérence et traçabilité.
Étape 4 — Mettre à jour les processus d’achat : intégrer les critères dans les procédures d’appel d’offres, les dossiers de consultation et les outils de gestion fournisseurs. Les guides de la commande publique fournissent des repères pour les marchés soumis à réglementation.
Étape 5 — Piloter et mesurer : définir des indicateurs simples de suivi (par exemple, mise à jour de la cartographie, formation des acheteurs, nombre de marchés intégrant des critères) et prévoir des revues périodiques pour ajuster la démarche.
Spécificités selon le contexte
Les actions à lancer varient selon la taille et le statut de l’organisation. Pour une PME, la priorité est souvent la simplicité et l’efficacité : désigner un référent, choisir une famille d’achats pilote et appliquer des critères accessibles.
Pour une grande entreprise, l’attention porte sur la gouvernance, l’intégration dans la stratégie RSE et le dialogue approfondi avec les fournisseurs. Elle peut s’appuyer sur ISO 20400 pour baliser le déploiement à l’échelle.
Pour une collectivité et la commande publique, des obligations spécifiques existent, notamment dans le cadre des stratégies locales (SPASER) et des textes ministériels. Les services publics disposent de guides pour adapter les marchés publics aux objectifs d’achats durables.
Labels, référentiels et reconnaissances
Le label Relations Fournisseurs et Achats Responsables (RFAR) est une reconnaissance publique destinée aux organisations ayant structuré leur politique d’achats responsables et appliquant des recommandations alignées sur ISO 20400. Candidater au label reste une option pertinente une fois la démarche interne suffisamment mature.
Il est utile de distinguer la norme ISO 20400, qui délivre des lignes directrices, des labels ou référentiels qui représentent une reconnaissance externe. ISO 20400 ne constitue pas une certification de système, elle guide la structuration des pratiques.
Pièges fréquents et conseils pratiques
Éviter le verdissement sans preuves : documenter les critères et les choix méthodologiques pour limiter le risque d’accusation de greenwashing. Ne pas ignorer le volet social au profit d’objectifs environnementaux uniquement.
Ne pas promettre de résultats chiffrés sans audit : toute affirmation quantitative nécessite une base documentaire et une méthodologie de calcul. Privilégier des engagements mesurables et traçables, même simples, pour bâtir de la crédibilité.
Conseils concrets : formaliser les critères, tenir un registre fournisseur, planifier des actions de formation pour les acheteurs et prévoir des revues régulières de la cartographie des achats.
Ressources et outils pour aller plus loin
Les ressources officielles et normatives constituent le point d’entrée recommandé pour structurer une démarche :
- Portail officiel « Achats durables » (portail public rassemblant guides et outils).
- ISO 20400 : lignes directrices pour les achats durables (brochure et documentation).
- AFNOR : ressources et offres de formation sur les achats responsables.
- Pages ministérielles dédiées aux politiques publiques d’achats durables et guides opérationnels.
Ces ressources fournissent des modèles, des guides pratiques et des formations pour accompagner la mise en œuvre.
Ce que l’on ne sait pas
Certains points n’ont pas de chiffrage ou de délai établis dans les sources consultées. Il faut les garder à l’esprit pour rester transparent :
- Les délais moyens pour obtenir le label RFAR ne sont pas fournis ici et ne doivent pas être estimés.
- Les pourcentages d’achats durables par secteur en France ne sont pas présentés faute de données chiffrées dans les sources rassemblées pour cette page.
- Les coûts standards de mise en conformité ou de retour sur investissement ne sont pas indiqués : ils dépendent du contexte et nécessitent une étude dédiée.
- La norme ISO 20400 n’est pas certifiable : elle est une ligne directrice et non une norme de système à certifier.
Encadré — Ce que dit la norme ISO 20400
ISO 20400 est une norme de lignes directrices qui aide les organisations à intégrer la durabilité dans les achats. Elle définit des principes tels que la redevabilité, la transparence, le respect des droits de l’homme et l’éthique, et recommande la prise en compte du cycle de vie dans les décisions d’achat. La norme est destinée à toutes les organisations et n’est pas un système de management certifiable.
Annexe — Définitions et lexique
- ISO 20400 : norme de lignes directrices pour les achats durables.
- SPASER : stratégie et mesures pour les achats durables (contexte commande publique).
- RFAR : label Relations Fournisseurs et Achats Responsables, reconnaissance publique des pratiques.
- Achats responsables : synonyme d’achats durables, intégrant environnement, social et économie.
Sources
Portail Achats durables — achats-durables.gouv.fr, consulté le 04/09/2026.
ISO — ISO 20400:2017 Sustainable procurement — Guidance — iso.org/fr/standard/63026.html, consulté le 04/09/2026.
ISO — page publication ISO 20400 — iso.org/fr/publication/PUB100410.html, consulté le 04/09/2026.
AFNOR — Achats responsables (présentation et ressources) — afnor.org/achats-responsables/, consulté le 04/09/2026.
Ministère de la Transition — Politique publique Achats durables — ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/achats-durables, consulté le 04/09/2026.
Économie.gouv.fr — Candidature au label RFAR / Achats responsables — economie.gouv.fr/mediateur-des-entreprises/les-missions/les-achats-responsables/candidater-au-label-rfar, consulté le 04/09/2026.
Exemple de guide opérationnel (DAE / document ministériel) — sports.gouv.fr/media/47981/download, consulté le 04/09/2026.
ISO — brochure PDF sur ISO 20400 — iso.org/files/live/sites/isoorg/files/store/fr/ISO%2020400_Sustainable_procur.pdf, consulté le 04/09/2026.
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